lundi 3 août 2009 -

Il y aurait pourtant tant de choses à dire sur juillet.

Je suis arrivé là et je ne sais pas, je ne sais pas ce que je fais dans ces bureaux, je suis arrivé là par hasard et puis, ce n'était pas du tout ce que je voulais. Je ne sais pas ce qui a pu se passer, je vois les jours défiler et je ne sais pas ce que j'en retiendrai, au retour, et puis deux ans après, et puis dix ans après. J'ai l'impression d'être là par accident et de tout laisser filer.

Je ne retiens rien, je suis à Shanghai depuis deux semaines et j'ai déjà perdu le goût du métro de Pékin, l'odeur du tofu et des brochettes quand la nuit est tombée, j'aurai bientôt oublié mon numéro de chambre, la couleur des temples restaurés à la hâte. Je ne sais pas vraiment où je suis, au fond, quelque part sur le littoral, quelque part dans le centre de la ville, au-dessus des lumières et en plein dans la brume.

Je suis parti a Hangzhou, cinq jours, dans une école de langues, les enfants jouaient dans les couloirs, dans l'immeuble, ils n'ont pas de cour de récréation alors ils courent dans les couloirs, il y a une petite fille qui me pince le nez et puis au fond de la petite salle, la fenêtre qui donne sur des taudis, ils font penser aux hutong de Pékin, je suis parti à Hangzhou vérifier le proverbe, au ciel il y a le paradis, et sur terre il y a Hangzhou, il n'y a pourtant que des touristes, et de la brume comme partout, des kfc et des starbucks à la pelle, et puis un lac, gigantesque, magnifique, dévoré du matin au soir par des bateaux de plaisance.

Et puis hier je suis revenu, au milieu des tours, de la foule, il faisait nuit, et du fond du taxi, je regardais danser une ville qui n'est pas la mienne, qui ne sera jamais la mienne, et qui m'a déjà oublié.

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