mardi 28 octobre 2008 -

23:11. 6 commentaire(s)

dimanche 26 octobre 2008 - TheSelby



Absolutely fan

22:28. 0 commentaire(s)

la fin des croyances

Non je ne suis pas ému les gens comme moi ne s'émeuvent pas ils se referment les yeux posés sur les genoux les poings serrés autour des yeux le regard devient dur comme des cailloux. Il n'y a plus de princesses en détresse même avec des petites annonces tu vois on le sait quand les gens partent pour toujours, on le sait tout de suite parce que leur odeur d'un coup se fane quitte la pièce en claquant la porte, le temps d'une inspiration et puis plus rien.
J'ai dit non est-ce que je suis quelqu'un de si horrible pour mériter d'entendre ça j'ai dit non et puis après je me suis dit que je voudrais enfouir ma tête sous l'eau et peut-être le corps tout entier sous l'eau on n'entend plus rien sous l'eau juste ce grondement insupportable mais c'est pas grave on entend tous le même une fois sous l'eau du coup ça devient un murmure et puis le fleuve devient un petit ruisseau le grondement devient le bruissement des feuilles légères légères parce que c'est l'automne.
Et puis après, prenez soin de vous, comme si je méritais qu'on m'agresse, prenez soin de vous, l'hiver est froid très froid, parfois prenez-y gare le feu s'éteint, enfin parfois, souvent en fait, le feu s'éteint la passion, prenez soin de vous, parce que les loups en hiver il y en a plein.
Seulement je ne suis pas si facile à tuer.

19:08. 1 commentaire(s)

dimanche 19 octobre 2008 - tout est calme

Je cherche souvent le sommeil pendant des heures et après je déambule vaguement dans les couloirs je sèche des amphis ou alors j'y dors. Je rencontre de plus en plus de gens qui me font peur, parce qu'ils parlent comme des grands, on fait des réunions en cercle et on débat à tout-va, avec un crayon à la main on prend des notes consciencieuses, les prises de parole sont claires et assurées, après je fais un compte-rendu en pdf et l'envoie aux participants, mais au fond tout ça me fait peur, ces rendez-vous, les intervenants, les élèves, tout ça me fait peur. Je redoute le jour où tout ça sera noté dans un Blackberry dernier cri et où même les conseillers en management ne m'effraieront plus. Les élèves un peu expérimentés parlent en sigle et mettent des mots anglais dans leurs conversations sans s'en rendre compte. SI, IP, turnover, consulting. C'est comme un autre monde un peu.
Parfois la lassitude m'assomme et je m'endors au milieu de rien, je m'endors au milieu des réunions en cercle.

16:16. 2 commentaire(s)

vendredi 17 octobre 2008 -

[...]mais en rentrant, je me suis dit, j'aime ce que je fais.

17:31. 1 commentaire(s)

mercredi 15 octobre 2008 - Music on Clinton Street

Souvent je fais comme si j'étais occupé souvent j'ai quelque chose à faire pour oublier que je n'ai rien d'autre pour combler l'absence, comme d'habitude combler l'absence on en revient toujours à ça. Combler comme s'il fallait combler ça, comme s'il y avait un déséquilibre irréparable à cause du vide et qu'on pouvait faire que ça, le combler ce vide, le bourrer de paperasse et de déchets parce qu'on peut rien faire d'autre. J'ai beau faire j'en ai pas rien à foutre de marcher avec une patte cassée faut boucher les trous, faut cette foutue prothèse en carton même si ça fait pas marcher mieux mais bon.
J'ai des comptes-rendu à rédiger à envoyer des réunions à préparer des choses à construire des coups de fil à passer des projets à boucler des voyages à préparer mais bon tout ça c'est pour oublier encore. L'absence, l'absence qui tourne en boucle comme famous blue raincoat dans le lecteur, y a ces arbres près du tramway qui sont comme j'aime en automne avec des branches pas nues mais presque. J'ai des choses à faire mais c'est parce que j'ai personne à qui parler, je relis Océan mer encore mais c'est parce qu'il y a toujours la mer qui possède mes nuits il n'y a plus personne pour ça alors il y a la mer et la lune qui s'y noie.
Dans mes rêves je me retrouve à Ocean avenue encore, au croisement avec l'avenue U là où le bus me déposait quand les cours étaient terminés. Dans mes rêves il y a cette odeur, c'est toujours l'odeur qui me revient en premier, celle du bitume et des bus - et la brique, les maisons sont faites en brique là-bas. J'y retournerai, pas parce que je le veux mais parce que je n'ai pas le choix cette ville m'appelle, je suis à elle depuis que je l'ai connue, j'en rêve je sais, même quand j'oublie au matin, je sais que j'en rêve, je retournerai là-bas je trouverai un prétexte n'importe quoi. J'irai retrouver le crépuscule sur Battery Park et mes vieilles obsessions et puis elle avait raison y a trop de touristes sur 42nd street mais bon ces lumières et ces panneaux lumineux c'est quand même fascinant non, ces images qui s'empilent maladroitement, ces foules si violentes qu'elles vous tranchent la peau. Voilà je reviendrai parce que bon il faut toujours revenir à quelque chose, il faut combler l'absence alors je reviens à la mer, la mer infinie que j'ai vue pour la première fois, là-bas.

23:58. 1 commentaire(s)

dimanche 12 octobre 2008 - Fissures

Je lui ai dit j'ai détruit vous comprenez ? Y avait des éclats partout partout autour de nous. On était comme ça sans savoir quoi faire, avec ces éclats partout, des éclats de nous comme du verre. On aurait bien voulu réparer mais y avait plus que ça des éclats et des miettes et un peu de sang un goût de sang dans la gorge - alors on est partis.

Souvent je repense à toi en me disant que tu gis en moi comme une faille, comme une fissure quelque chose qui déchire le sol une vallée gigantesque, blessure à vif en même temps si calme et belle.

Je me tiens encore parfois immobile au bord du vide.

J'imagine que je suis au bord de l'océan, en haut des falaises, le vent est bruyant et agite le sable et la mer - la mer. Je suis en équilibre, au bord de l'océan, vous comprenez ? La mer au bord de moi.

Mais je savais qu'elle ne comprenait pas.

02:48. 1 commentaire(s)

samedi 11 octobre 2008 - Frêle

Demain, c'est journée Jacques Brel sur FIP.

Une bonne raison de rester chez soi, au chaud sous la couette, avec du thé et des petits gâteaux (et un poly de mécanique quantique).

18:50. 1 commentaire(s)

mardi 7 octobre 2008 -

Tu sais ce qui est beau, ici ? Regarde : on marche, on laisse toutes ces traces sur le sable, elles restent là, précises, bien en ligne. Mais demain tu te lèveras, tu regarderas cette grande plage et il n'y aura plus rien, plus une trace, plus aucun signe, rien. La mer efface, la nuit. La marée recouvre. Comme si personne n'était jamais passé. Comme si nous n'avions jamais existé. S'il y a, dans le monde, un endroit où tu peux penser que tu n'es rien, c'est cet endroit, c'est ici. Ce n'est plus la terre, et ce n'est pas encore la mer. Ce n'est pas une vie fausse, et ce n'est pas une vie vraie. C'est du temps. Du temps qui passe. Rien d'autre.

Ce serait un refuge parfait. Nous serions invisibles, pour n'importe quel ennemi. Suspendus. Blancs comme les tableaux de Plasson. Imperceptibles même pour nous. Mais quelque chose vient gâter ce purgatoire. Quelque chose à quoi tu ne peux pas échapper. La mer. La mer ensorcelle, la mer tue, émeut, terrifie, fait rire aussi parfois, disparaît, par moments, se déguise en lac ou alors bâtit des tempêtes, dévore des bateaux, elle offre des richesses, elle ne donne pas de réponses, elle est sage, elle est douce, elle est puissante, elle est imprévisible. Mais surtout, la mer appelle. Tu le découvriras, Elisewin. Elle ne fait que ça, au fond : appeler. Jamais elle ne s'arrête, elle pénètre en toi, elle te reste collée après, c'est toi qu'elle veut. Tu peux faire comme si de rien n'était, c'est inutile. Elle continuera de t'appeler. Cette mer que tu vois et toutes les autres que tu ne verras pas mais qui seront là, toujours, aux aguets, patientes, à deux pas de ta vie. Tu les entendras appeler, infatigablement. Voilà ce qui arrive dans ce purgatoire de sable. Et qui arriverait dans n'importe quel paradis, et dans n'importe quel enfer. Sans rien expliquer, sans te dire où, il y aura toujours une mer qui sera là, et qui t'appellera.

Alessandro Baricco, Océan mer

23:43. 2 commentaire(s)

lundi 6 octobre 2008 - Vers l'est

L'automne s'est installé là comme un parasite. Il a débarqué comme ça avec sa grande cape gris ciel et ses bouffées d'air froid et sec, les feuilles se déplacent en rouleaux vers le bord des routes. Il te gifle, l'automne, un matin il se présente à toi naturellement comme si tu l'attendais depuis toujours et puis tu l'attendais vraiment. Alors il est là face à toi, il te gifle, ça fait frissonner jusqu'à l'oreille jusqu'aux mains on vacille un peu comme des notes incertaines qu'il te jouerait au piano un soir d'octobre tu suspends ton souffle et peu à peu ça vient comme ça, tu vacilles. Doucement comme l'archet d'un violon qui va et qui vient et qui berce.

13:58. 1 commentaire(s)

dimanche 5 octobre 2008 - Hiver

Y avait ses éclats de rire dans la nuit qui font qu'on oublie tout, heureusement les gens sont là comme ça avec leur simplicité et puis ils frappent à ta porte sans prévenir ils chantent dans la nuit sans prévenir ça surprend tellement c'est bête. Et puis il y a toujours quelqu'un pour les soirées Vélib' pour les soirées théâtre pour les soirées badminton pour les soirées ciné pour les soirées dvd pour les soirées à rien faire pour les festivals pour la nuit blanche. Le soir je mange parce que je ne mange pas seul et puis je fais du thé en écoutant FIP. Hier avec eux en quittant le Starbuc*s rue des Arc*ives je ressentais ça la paix et puis la douceur le temps. Au musée Carnaval*t la neige ne cessait de tomber et puis la vapeur et les cloches - c'était l'hiver qui recouvre tout.

20:09. 2 commentaire(s)

vendredi 3 octobre 2008 - L'ombre

Tu vois tout fout le camp on sait pas où ça va mais c'est comme ça les coutures lâchent un jour un jour c'était hier déjà loin. On fait des efforts mous pour empêcher ça mais bon ça se barre comme ça quand même, un jour, y a tout qui part, ces idées bêtes, l'odeur du pain grillé et des fraises le matin et la lumière du soleil quand on se réveille et qu'il y a cette peau contre la sienne qui dort. Tu vois maintenant ma chambre est exposée nord alors bon c'est terminé. Il fait froid ici, je veux dire, vraiment, le matin, il fait froid, ça prend aux jambes et à la poitrine alors on bouge pas on fait le mort sous la couette et il n'y a rien. Y a pas la douceur quand on rentre et puis la fenêtre à ouvrir pour aller sur le balcon regarder les toits. Moi je regarde les toits souvent et puis maintenant ils sont loin j'y vois plus rien. Je fais plus de café le matin parce que ça sert à rien et de toute façon ce lieu est sans odeur un peu comme les murs sont blancs. Tout blancs comme de la neige.

17:41. 5 commentaire(s)

jeudi 2 octobre 2008 - 3191

http://3191ayearofmornings.com/

Je veux.

23:55. 0 commentaire(s)

mercredi 1 octobre 2008 - Terrifiant

Je vis tellement mon école que j'en sors régulièrement à 22h. Parfois plus. C'en est terrifiant. Je trouve.

Pardon, d'être parti.

22:18. 2 commentaire(s)