samedi 24 novembre 2007 - Ligne 12 mon amour

Ouaiiiis les 112 marches.
Ouaiiiis le clochard qui dort à côté de l'ascenseur.
Ouaiiiis les rames où y a la lumière dedans. Et même qu'on peut s'asseoir.
Par contre j'ai plus d'excuse pour être en retard.

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mercredi 21 novembre 2007 - Blocs humains et espaces clos

Mine de rien, y a un peu de ça dans la grève. Des blocs je veux dire. Y a de la violence : les blocages, les revendications, les protestations, les manifestations, les attaques des syndicats, la défense des acquis sociaux, les négociations. Faire barrage, faire bloc, faire pression, tout est vocable de guerre, de stratégie, le tout concluant sur un vague statu quo dont on exhibera arbitrairement un vainqueur. Bref, y a de ça, et puis y a les usagers du métro parisien, qui font unité à force de s'entasser, jusqu'à devenir un magma organique sans forme, en perpétuel renouvellement de sa matière (ouvrez la porte y en a qui veulent descendre) et chacun finit par tenir debout grâce à l'autre, et les bras se croisent par dessus les têtes, si bien que lorsque les portes se referment, le monstre ressemble à une sculpture, une oeuvre d'art ultra-conceptuelle, une chorégraphie intense soudainement figée. Et puis la sculpture s'en va et les métros défilent à la chaîne avec leur cargaison de viande en direction de Gare du Nord. Je descends à Marcad*t en découvrant des gens aux visages moins fermés dans les rues, des boulangeries arabes, des bars communistes (drapeaux et photos du Che à l'appui), des filles qui se voient proposer des verres ("-non merci c'est gentil -et moi, et moi ?" (enfin non j'ai pas osé)), et puis des gens en Vélib' mais ça y en a partout même aux endroits où on s'y attend le moins.
Bref, on marche plus, on se lève plus tôt, on travaille moins, on se couche plus tard, on mange mal au crous (mais pas tellement plus que d'habitude), on écoute plus france info, on se fait marcher sur les pieds dans LE métro (l'article défini étant justifié par le fait qu'il n'y en ait qu'un par heure), on se demande toute la journée comment on va rentrer le soir, on arrive en retard et on loupe LA manip sur le transformateur parfait (fort peu passionnant toutefois), y a plus de fondant au chocolat à la boulangerie le soir quand on rentre, on entend des mouettes en plein cours de maths, bref rien ne va plus.
Et sinon l'aspect positif, ben y en a pas. Boum !

15:46. 12 commentaire(s)

samedi 17 novembre 2007 - Vox

"Un sac en plastique blanc contenant des tortillas de chez Picard a été oublié au rez-de-chaussée", nous dit la voix dans le micro de la bibliothèque. Une autre, plus tôt, nous demandait de faire attention à la fermeture des portes, "un train dans deux minutes juste derrière", ce qui me rappelle le métro new-yorkais. Une autre voix encore remarque qu'"elle est trop glamour, ta calculatrice". Merci pour elle.

17:30. 0 commentaire(s)

samedi 10 novembre 2007 - A rebours

Plus que six semaines.

18:31. 13 commentaire(s)

mardi 6 novembre 2007 - Les douces journées de quarante-deux heures

Les vacances, c'est rien qu'un sale prétexte pour donner encore plus de boulot.

Je savais bien qu'il y avait un piège (mais vivement les prochaines quand même).

20:22. 0 commentaire(s)

vendredi 2 novembre 2007 - Falaises

Je n'avais pas la force de lutter contre ses mots. La fatigue, le long du corps, la tête qui tourne, tout ça laisse sans défense. J'ai juste tourné les yeux comme si c'était moi le fautif. Elle s'excusait même d'être si horrible mais était persuadée d'avoir raison. Je n'avais juste pas la force de répondre alors j'ai gardé ça en moi. Souvent je m'étonne d'être capable d'une telle inertie. Les battements cardiaques n'ont même pas daigné accélérer. Même mon étonnement ne s'accompagne d'un mouvement de visage. C'est à peine un feu que je couvre, plutôt des cendres froides. Elle était désolée mais vraiment, vraiment pas autant que moi, pas autant que j'étais triste pour elle.

J'ai fait défiler les posts de ce blog. J'ai découvert des commentaires, une chartiste (si tu es toujours là...), une voisine, et d'autres que j'avais oubliés. J'avais aussi oublié quelques périodes de grande tristesse, ça sentait l'hiver, je me souviens vaguement. Il est des choses qu'il vaut mieux ne garder qu'en mots. Et d'autres qu'il vaut mieux ne pas du tout garder.

Je ne sais plus si je me sens mieux chez moi, à Paris, ou à la maison, et ça, c'est inquiétant. Ca l'est tout autant que de travailler autant sans détester profondément ce que je fais. C'est la même chose. Comme si je me résignais ou prostituais mon temps. J'ai perdu mes rêves. J'ai cette sensation vague depuis des années. Mais là, je le redis pour marquer un peu le coup : j'ai perdu mes rêves.

Je m'en sens vide.

[PS : ah oui, j'oubliais, j'ai changé de layout, je ne sais pas ce que j'ai fait, mais ça bug sous safari, j'en suis désolé, mais j'ai pas trouvé la solution. hm. Si quelqu'un sait... Ah oui, puis vous avez vu, j'ai remarqué ça, ça ressemble à Adorables années (pour ceux qui), ça y est, c'est le retour aux sources]

18:51. 9 commentaire(s)