vendredi 20 avril 2007 -

Il faudrait une étreinte.

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lundi 16 avril 2007 - Cocktails urbains

Je déménage un canapé rien que pour lire Proust face au jardin, allongé sur du vieux cuir, en mangeant des biscuits grecs. J'ouvre la fenêtre la nuit et m'endors en pensant que les odeurs de la nuit me font atrocement penser à l'été dernier. Je suis allongé et ça m'arrache presque des larmes.

Jeudi, j'improvise. La bibliothèque est pleine, Jussieu est fermée pour les vacances (je me fais refouler par un videur devant la bibliothèque chimie-enseignement), il fait trop chaud, je prie pour que le centre Beaubourg soit climatisé et il l'est. Comment renier ses petits combats écologistes en l'espace de quelques minutes et de quelques gouttes de sueur. Expo sur Beckett. Avec quelques surprises, mais plutôt creuse dans l'ensemble. Je suis sévère, pauvre Sam. En face, les halles, sa fnac, mon Muji, et ma carte bleue sort très vite. Je retourne à la bibliothèque, vers 17h. Ca fait quand même un peu plus sérieux.

Martini, limonade. Saletés de mouches.

Je partirai en Suède, c'est décidé, et même qu'en janvier le jour dure 7h à Stockholm. J'ai toujours voulu partir. Je me trouve des raisons, prétextes ? Je partirai en Suède. Puis ailleurs.

Je ris. Comme ça. En lisant le Courrier international, en regardant l'allure d'écolière de ma mère qui me demande si elle va pouvoir atteindre la voiture sans être vue, en lisant certaines phrases de Proust qui me font précisément le même effet que certaines démos de maths. Après tout, ce serait trop bête de se refuser ça.

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samedi 14 avril 2007 - Friches humaines

Un an après, je suis la même coquille vide.
Mais tout est différent.

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mardi 10 avril 2007 - Du temps malade

Tout doucement j'ouvre quelques tiroirs. Sans aller trop loin, ce qu'on pourrait y trouver fait un peu peur. Y a deux ans presque, j'écrivais ça.


passe-moi les jours passe-moi les nuits


Les jours tendent leurs bras multiples. La foule, hydre aux infinis, pousse des borborygmes en choeur, à l'unisson. Les oiseaux s'envolent.
En dehors, il y a le ça, dessous, là où les pieds se cognent. On est invisible dans la bulle qui enlace le sol.


Derrière il y a un robinet fermé qui fuit. Petit à petit les gouttes à goutte filent. Elles partagent la même peur de se jeter dans le vide, suivant le même chemin, poussées par les autres comme du haut d'un plongeoir.


Faire marche arrière est impossible et inenvisageable, et d'ailleurs presque entendre quelques rayons qui les traversent est une aberration.
La perfection des chemins qui se croisent provoquent une multitude colorée l'espace d'un instant improbable.


Haut perchés dans les cimes, ils observent. Six milliards de bras qui se lèvent et se baissent tour à tour.

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dimanche 8 avril 2007 - Buvez de l'eau

Tristan Tzara balance, dans les Sept manifestes Dada :


"Pour faire un poème dadaïste
Prenez un journal.
Prenez des ciseaux.
Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème.
Découpez l'article.
Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac.
Agitez doucement.
Sortez ensuite chaque coupure l'une après l'autre.
Copiez consciencieusement
dans l'ordre où elles ont quitté le sac.
Le poème vous ressemblera.
Et vous voilà un écrivain infiniment original et d'une sensibilité charmante, encore qu'incomprise du vulgaire."


87 ans plus tard.

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Petites assassines

[Les petites assassines]


Je croise les rails entrelace les contours de ta peau tiède. En souvenir des pensées musicales qui sont des jadis.
Je prends la Lorraine, efface les distances. Et puisque le temps tient sur son petit fil en fer tout est dit et tout est cendres.
J'apprends des incertitudes qui me battent les tempes et me violentent
et j'insiste encore, dessine à t'effacer brutalement, agresse transperce les tissus tes cheveux secs en papier. Je craque comme de la paille et saccage les étreintes sous des fuites éternelles.
Les cages sont des tourelles en argent.
Massacres à l'ombre des platanes.
Tu devines des rêves insulaires loin de toi. Tes inoubliables inassouvis.
Je crains.
Sinistre retour teinté rouge.

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mardi 3 avril 2007 - Désordres

"K., tu danses ?", et je me réveille en salle de TP. Le prof me regarde, sourire, je m'arrête et range les diodes. "Psychopathe", me répète M., chaque fois qu'il voit les collages sur mon bureau. Même qu'ils prétendent que je découpe des petites filles dans des magazines et que je les accroche sur le mur mais c'est pas vrai.

J'augmente ma dose de sommeil pour tenir encore un peu. Je baisse ma somme de travail, sans raison. Enfin, presque. ("C'est Augustine, ma lapine préférée, qui me l'a ordonné...") Pour la première fois depuis que je vis là, je me suis promené plus de dix minutes au Luxembourg. Y avait des gens allongés sur l'herbe et des vieilles en tailleur. Et puis Tiersen dans les oreilles.

Les jours sont doux. Dire ça, c'est un peu. (Voilà)

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