dimanche 6 juin 2010 - un marin

Oh je ne suis pas encore sûr mais je pense que maintenant je n'écrirai plus que là-bas.

Ça fait trois ans que je suis ici ce n'est pas si long mais j'ai l'impression que ça fait une éternité, il y a trois ans j'avais encore l'impression d'être au début de tout maintenant je ne ressens plus que des fins et des choses tristes.

Je ne sais pas si ça va changer grand-chose, mais j'aimerais bien vous revoir, alors prévenez-moi quand vous arrivez.

Il y a eu de belles histoires ici, vraiment. Merci.

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mardi 4 mai 2010 -

J'ai encore joué ce soir, et encore demain, peu à peu je me fatigue, de tout, de ça comme du reste, je ne sais plus pourquoi je continue, pour qui, car chaque soir je sais que tu n'es pas dans la salle.

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lundi 5 avril 2010 - et puis

Je n'irai pas à Washington. Pas cette fois-ci.

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jeudi 1 avril 2010 - après

C'était il y a longtemps. Je compte, un deux. C'était il y a presque six ans.

J'étais allé chez ma soeur pour deux semaines, pendant les vacances d'été. Je me souviens bien de ces vacances car chaque fois que je retourne la voir j'espère retrouver un peu de ce temps-là. C'était un autre appartement que maintenant, les murs de la cuisine étaient rouges, le chat courait partout. La fenêtre donnait sur la place Saint-Sauveur.

J'ai écrit sur M., quand je suis rentré. C'est là-bas que je l'ai rencontrée, je la vois assise sur une chaise haute, près de la table de bar. C'est une de ses amies. J'ai écrit sur son sourire, pas grand-chose, juste quatre mots, j'ai mis son sourire dans la liste de ce que j'avais ramené. Pour me rappeler. Je me souviens aussi qu'elle nous a fait entrer dans une expo. Je l'aimais bien.

Du coup je ne l'ai pas oubliée.

Mais bon, M. s'est suicidée. Je ne sais pas pourquoi ça me paraît si étrange. Je ne sais pas pourquoi ça me rend si triste. Avez-vous déjà vu le wall d'un suicidé...

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dimanche 21 mars 2010 - New York Movie

Vendredi je me suis levé la peur au ventre, le cerveau qui pense trop vite, j'ai noué ma cravate qui me semblait bien trop grande, et je me demandais un peu comment un tel jour avait pu arriver. Si j'avais su qu'un jour je passerais un entretien pour aller travailler , c'est bien trop grand pour moi, à mon âge mais à quoi je pense, je ne sais même pas ce que je veux faire de ma vie mais pourquoi ils me donnent un entretien à moi je ne sais rien faire je sais à peine me débrouiller.

Je suis allé déjeuner avec C., elle me racontait des choses pour me détendre un peu, heureusement ça marchait bien même si quand même la cravate était un peu trop serrée je respirais à peine, parce que ça fait peur quand même, pas parce que c'est les Nations-Unies, enfin pas seulement, parce que c'est un immense vertige, c'est quelque chose qui va plus vite que moi et qui m'entraîne à chaque fois là où je ne sais pas encore. Je twitte dans le métro pour évacuer et j'écoute de la musique qui ne fait que traverser mon cerveau.

Juste après je suis retourné là-haut, il n'y avait plus grand-chose, je suis resté là et j'ai réfléchi pendant une heure, peut-être deux, j'ai regardé partout, il y avait encore un paquet de pâtes et un paquet de riz dans le placard, des bouquins que j'avais laissés, New York Movie au mur, les parfums du passé étaient partis. Alors je me suis dit, il est temps de revenir, tu ne crois pas ?

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dimanche 14 mars 2010 -

Je pense à New York, tout le temps, tout le temps. Comme à une amoureuse dont on ne se défait pas. Je pense à chacune de ses rues, de ses stations de métro comme à un souvenir douloureux. Je pense à chaque instant que j'ai passé avec elle, et à chaque instant je voudrais qu'elle me revienne. Mais je ne sais que trop que rien n'aurait le goût d'avant.

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dimanche 28 février 2010 -

Il y a ces petits instants, si minces, une percée du soleil, où j'ai l'impression que ma respiration se calme un peu, l'impression de pouvoir m'asseoir tranquillement et regarder au dehors. Le calme, après la tempête.

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lundi 22 février 2010 - time to leave

(Je me demande souvent si parfois tu penses encore à moi). Il y a un tel vide, un tel vertige. Il y a la douleur des couloirs de lycée, de l'attente de ce qui n'arrive jamais. Il y a cette différence-là tout de même, l'absence de perspective, le manque. Il n'y a plus de c'est bientôt terminé ou de ce sera mieux quand, l'horizon est sans cesse pareil à lui-même, il n'y a pas de petit espoir, de petite chose qui fait vivre en attendant des jours meilleurs. Il n'y a rien qui pourrait améliorer les choses. Je vois même tout empirer jour après jour. Il y a sans doute une ou deux semaines que j'en veux au monde entier, encore plus que d'habitude, et pourtant j'ai l'impression que ça fait une éternité, que toutes les tentatives sont vaines et qu'une fin est proche.

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dimanche 3 janvier 2010 - du courage

Il y a des mois que je n'ai rien écrit ici mais il y a des années que j'ai cessé de dire. Au commencement il y avait des pensées qui s'agitent, des petites choses que l'on grignote comme des petites baies, acides ou tendres, il y avait des tristesses parfois si profondes qu'en relisant je pouvais encore en sentir la lame.

Ça fait longtemps maintenant que tout s'étire. J'ai tout laissé tomber. J'ai délaissé ceux que j'aimais et qui m'ont connu avant que je ne devienne l'être moyen d'aujourd'hui, j'ai quitté ceux qui n'étaient pas encore partis. Ceux qui savaient les failles, ceux qui m'ont vu mourir d'amour et de haine.

C'est la nouvelle année, alors j'aimerais tout oublier, j'aimerais non reconstruire mais construire de nouveau, espérer, les petits matins, ces petits matins-là, le café sur la terrasse en hiver, et même le chant des oiseaux, le vent frais qui s'engouffre dans la maison, revivre le parfum des toits de Paris, la moiteur des rues de soir d'été, la vie qui parcourt à nouveau l'échine, la vie à toute vitesse.

Il est temps de se donner du courage.

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mercredi 30 décembre 2009 -

Quand les choses ont-elle pris cette tournure ?

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samedi 19 décembre 2009 -

C'est plus compliqué de raconter quand on est plus ou moins satisfait. Bien sûr, la vie entre la zone 3 et la zone 5 en banlieue est de Paris n'est pas très excitante, sauf quand les grèves s'en mêlent, et puis la neige, et puis le verglas, etc, mais bon, tout ça est assez confortable finalement, les cours sont presque tous intéressants, je n'ai plus de problème de loyer, et puis la vie entre ici et Paris s'organise plutôt bien. C'est toujours un peu comme ça, on fait des pieds et des mains pour gagner un tout petit peu de confort, et puis finalement on s'habitue à tenir en équilibre sur une seule main jusqu'à s'en contenter parfaitement.

Puis j'ai pas écrit depuis longtemps mais c'est comme si j'avais la langue sèche.

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vendredi 23 octobre 2009 -

Des vacances sur la fine pluie d'octobre.

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mercredi 14 octobre 2009 -

J'ai cessé le dialogue, j'ai passé l'âge sacré de la jeunesse et j'aurais dû faire plein de nouvelles rencontres dans cette nouvelle école et pourtant, je suis plus seul que jamais. Au matin le silence est étrange et du matin au soir je ne sais pas quoi faire de mon corps. Je me cache, me réfugie, je marche vite. Je travaille peu mais les journées s'allongent quand même, je fais du théâtre, beaucoup, beaucoup trop, dans toutes les langues, je joue jusqu'à parfois ne plus m'amuser, crée aussi, je tente, et puis je vais voir de temps en temps, comment les autres font la danse.

Je passe mon temps à rêver des villes étrangères, toutes ces sonorités magiques qui m'appellent, de l'inconnue à la vieille connaissance. Rien, rien ne me retient ici même plus un souvenir, rien, personne, alors je rêve. Je rêve que je me cache à l'autre bout du globe je rêve que la vie là-bas est différente d'ici je rêve que tout est nouveau pour être juste ailleurs qu'ici.

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mardi 29 septembre 2009 - loin de Paris

Je suis rentré depuis à peine un mois et c'est comme si la Chine n'avait pas existé. J'écoute fip, bois du café au lait avec deux sucres le matin et de la vodka tard dans la nuit.

Tout ce qui a changé, c'est que je me réveille dans le lit et la chambre de mon adolescence, les oiseaux ont remplacé le bruit de la vie les mots des gens, je prends le rer à heure fixe le matin car il n'y en a que deux par heure, j'arrive avec un quart d'heure d'avance dans une école où je me perds toujours, mes salles de cours s'affichent sur un écran dans le hall, les journées m'épuisent tant je suis loin de tout.

En une semaine il y a eu Barcelone et puis Carcassonne juste pour une heure, Toulouse et puis Bordeaux. J'imaginais Barcelone un peu comme l'Italie mais il n'y avait pas ni l'odeur de printemps ni la beauté de Rome. A Bordeaux, les promenades seul sur les quais m'ont donné envie d'y vivre un instant, juste un instant, juste y dormir une nuit et puis, me lever un dimanche matin, marcher jusqu'à la berge et acheter un pain au chocolat aux amandes.

Demain j'irai visiter le port du Havre en imaginant être un marin.

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dimanche 6 septembre 2009 -

Je n'avais pas eu le courage d'écrire le retour. Je suis revenu il y a bien longtemps maintenant mais je ne sais pas exactement il y a combien de temps. Je suis toujours ailleurs.

Au retour Pékin n'avait plus tout à fait la même couleur. Elle avait un peu plus la saveur des étés qu'on improvise, les routes ensablées ajoutent de la poussière à la brume, le ciel était bleu alors qu'il est toujours laiteux d'habitude, Pékin avait un peu plus le chant des grillons qui s'infiltre dans la salle de bains en été.

Quand elle m'a dit que la prochaine fois que nous nous reverrions ce serait en France, j'ai doucement acquiescé, il faisait presque frais, il n'y avait plus personne, et juste le bruit des voitures qui parcourent les grandes avenues. Elle m'a dit de ne pas être aussi triste, je n'avais rien dit pourtant, on était là à se regarder, se dire que c'était la fin mais bon, comment y croire, dans le taxi je n'entendais plus rien, je ne voyais plus rien, I guess it's goodbye, après tout. C'était dans le contrat.

On ne revient pas vraiment d'un voyage comme celui-là de toute façon.

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