http://www.ciup.fr/programmation_2180.htm
Evidemment, c'est jour de partiels.
Finalement il y aura bien l'avion pour la Chine samedi prochain, vers l'inconnu. Rien n'est préparé il y a comme des milliards de choses à préparer, faire une procuration à la banque, changer de l'argent, acheter un cadeau, rembourser des gens, déménager, faire une convention de stage, appeler Orange, me couper les cheveux.
Finalement à la fin de la semaine les au revoir seront des adieux, je quitterai Paris pour faire ma rentrée à Champs-sur-Marne, au milieu de rien comme je l'ai un jour tant souhaité. Je vais faire mes cartons et ils resteront cette fois à la maison puisque je n'ai nulle part où habiter. Je voudrais encore une fois faire une colocation à Paris mais il n'y a jamais personne, il y a les gens qui sont motivés un moment et puis qui oublient et trouvent autre chose. Je vais quitter Paris pour Champs-sur Marne et quitter les pas perdus au soir, la rosée du matin sur le parc, le tintement sonore du tram et les verres en terrasse quand arrive l'été.
Finalement je me suis fait une raison, je dirais pour de vrai cette fois-ci, tu dirais il était temps, et j'aurais voulu que nous nous pardonnions avant que je ne parte à l'autre bout du monde.
Finalement je ne pensais pas que ce serait si difficile, de quitter Paris.
en face de soi, rien
juste les nuits infinies
au bout du souffle

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Oh au fait
je l'AI
gnihihihihi
Un oiseau
S'est posé sur tes lèvres
L'as-tu senti ?
De temps en temps je tombe tout au fond de mon café au lait. De huit heures à minuit, je fais comme un devoir l'effort intellectuel de l'évasion permanente, et pourtant on se surprend tous de temps à autres à examiner notre existence minable et répétitive et notre conquête du monde qui a cessée au moment où elle s'est résumée à des billets d'avion non remboursables chez Air France. Un jour sur deux on se demande quelle est l'essence profonde de la canette de coca-cola vide qui traîne sur le bureau et comment la structure désordonnée des polycopiés d'aide multicritère à la décision et de discrétisation d'équations aux dérivées partielles va m'aider à être davantage moi-même. On se met face à ce vide gigantesque pour le défier du regard alors que lui s'en fout. Et l'autre jour sur deux, on ne renoncerait quand même pas à l'odeur d'un expresso à la pause pour aller conquérir l'Alaska par temps couvert. On s'infiltre à travers les fissures du mur face à soi. On a quand même bien le droit de s'abreuver de culture et de se construire des mondes avec un thé bien chaud dans les mains.
J'ai longtemps pensé que le premier jour valait plus que le deuxième. Jusqu'à me dire que "tenter la réappropriation des formes aliénantes de la culture contemporaine" et se prendre pour Warhol était tout de même un plan de survie beaucoup plus intéressant.
On n'aura peut-être pas de grand soir, mais on peut quand même espérer des petits matins.
Tout ça pour dire que du coup, je pense que je vais acheter un reflex.
tu vois je t'ai dit
que je n'avais plus
besoin
d'écrire
mais c'est faux
je n'en ai
jamais eu
besoin
et puis je
n'écris pas
vraiment
en réalité
c'est juste que maintenant
je préfère
garder les bêtises
pour
nous ?
je ne veux plus
être triste
ou faire comme si
ni raconter
le passé
en permanence
je ne veux pas
donner des mots
à n'importe qui
des mots
qui ne valent rien
et qui sont si vite
oubliés
je préfère
laisser en lieu sûr
ceux qui sont
importants
oh bien sûr
le temps qu'il a fait aujourd'hui
ou les petites histoires de rue
ne sont pas vraiment importants
mais bon
...
je dois grandir un peu
à la fin !
et grandir
c'est aussi
se taire
souvent
alors je me tairais
avant de dire
n'importe quoi
et puis on arrêtera
de parler des histoires
qui n'ont jamais existé
et on fera comme si
on était grands
Pour moi, il y aura un avant et un après.
... Je ne me sentais pas bien, à présent j’ai ressuscité, ma santé s’améliore, et si je ne travaille pas encore à l’heure actuelle comme je le devrais, c’est la faute au froid (il fait 11 degrés dans mon bureau), à la solitude et à la paresse, laquelle est née en 1859, c’est-à-dire un an avant moi. Néanmoins, je compte me mettre à la pièce après le 20 février, et l’avoir finie pour le 20 mars. Dans ma tête, elle est déjà toute prête. Elle s’appelle La Cerisaie, en quatre actes, au premier acte, on voit des cerisiers en fleur par la fenêtre, un jardin entièrement blanc. Et des dames en robe blanche.
Bref, Vichnevski va beaucoup rire – et, bien sûr, sans savoir pourquoi.
Il neige...
(Lettre de Tchekhov à Stanislavski du 5 février 1903)
Tu m'avais dit que je ne saurais jamais mais c'était stupide. Tu le savais, non ? Que j'apprendrais un jour ou l'autre. Tu vois, là, je n'arrive pas à écrire, tu vois je tremble et j'ai les entrailles déchirées à travers la gorge.
J'ai des milliards de pensées qui me traversent. Je déteste, déteste, regrette, hurle, je vire, reviens, cherche refuge, nostalgie, amertume, et cetera. Pleure à la trahison. Je me souviens, j'ai dit des milliards de choses, parfois fausses, horribles, mais je les redirais, encore encore, jusqu'à m'éteindre. Rien n'a changé. Après tout ce temps rien n'a changé.
Je lui ai dit, un jour, sans savoir pourquoi, tout s'apaise. J'y croyais. Je me suis fait au répit. Et maintenant j'explose.
Il vaut mieux déserter ma vie parce que je ne te laisserai jamais être. Je suis égoïste, tu as raison.
Tu manqueras. Mais il faut au moins ça. Pour toi.
Parce que j'aurais dû comprendre qu'il n'y aurait jamais de printemps.
Depuis toi
je n'ai plus besoin
d'écrire
il fait un temps canal saint-martin
Est-ce qu'aujourd'hui au moins quelqu'un te berce ?